Réenchanter le monde et donner du sens à la réalité: Psyché Ophiuchus (photographe) FR
Watch or listen to the Transmute Tapes podcast with Psyché Ophiuchus
Please note: this episode is mainly in French.
Psyché Ophiuchus joins us from Brittany and felt most comfortable having the conversation in French. A few short moments are in English, but the main conversation is French. If you would like to follow the episode in English, the full video is available on YouTube with English subtitles.
In this episode of Transmute Tapes, we speak with French photographic artist Psyché Ophiuchus about mythology, psychology, symbolism, ritual and the desire to “re-enchant the world and give meaning to reality.”
We begin with her childhood in Normandy and the myths, stories and landscapes that shaped her imagination early on. From there, we trace her path through psychology, her work as a clinical psychologist and her years as a model before she eventually stepped behind the camera to construct images of her own.
We talk about the experience of being looked at and the power relations within photography, leading us to her recent interpretation of Medusa and the question of who creates the monster: the person being seen, or the gaze that defines them. Together, we explore whether retelling an ancient myth can shift its meaning, restore agency or even repair something within the story.
Myth and mystery run through the entire conversation. Why do certain stories survive for thousands of years? When does the story of Narcissus or Medusa stop belonging to antiquity and become a story about us? And can art still offer a space where mystery is allowed to remain unresolved?
Psyché also takes us into the visual world behind her photographs: Symbolism, the Pre-Raphaelites, Art Nouveau, Gothic literature, painting, dreams and nature. We discuss how historical references can be transformed rather than simply reproduced, how symbols retain meaning without becoming decoration, and where art, psychology, ritual and belief begin to overlap.
Her photographic process is deliberately slow and highly constructed. Research, sketches, locations, clothing, objects, gestures and light all become part of the making of an image. We ask whether the creation of a photograph can itself become a ritual — and at what point the transformation actually takes place.
From there, the conversation moves into the present: Romanticism in a digital age, social media, our changing relationship with images and the arrival of generative AI. Psyché’s Narcisse becomes a starting point for talking about self-image, the gaze of others and the endless flow of contemporary visual culture.
What happens to photography when images can be generated almost instantly and in unlimited quantities? Does an image gain value through the time and labour invested in it? Have we become better at looking at images — or worse? And if AI could convincingly imitate the surface of an artist’s style, what would still be missing?
Finally, we speak about Opus Nigrum, alchemy, dissolution and transformation, and ask where Psyché feels she is now in her artistic practice, what is changing and what may come next.
A conversation about images as thresholds, mythology as a living language, and the possibility that art can still make the world feel stranger, deeper and more meaningful.
—
Psyché Ophiuchus nous rejoint depuis la Bretagne et se sentait plus à l’aise pour mener cette conversation en français. Quelques courts passages sont en anglais, mais l’essentiel de l’épisode est en français. Si vous souhaitez suivre la conversation en anglais, la vidéo complète est disponible sur YouTube avec des sous-titres anglais.
Dans cet épisode de Transmute Tapes, nous recevons l’artiste photographe française Psyché Ophiuchus pour parler de mythologie, de psychologie, de symbolisme, de rituel et de ce désir de « réenchanter le monde et donner du sens à la réalité ».
Nous commençons par son enfance en Normandie et par les mythes, les récits et les paysages qui ont très tôt façonné son imaginaire. Nous revenons ensuite sur son parcours à travers la psychologie, son travail de psychologue clinicienne et ses années comme modèle, avant qu’elle ne passe derrière l’appareil pour construire ses propres images.
Nous parlons de l’expérience d’être regardée et des rapports de pouvoir qui traversent la photographie, ce qui nous conduit à son interprétation récente de Méduse et à cette question : qui crée le monstre — la personne qui est regardée, ou le regard qui la définit ? Ensemble, nous explorons la possibilité qu’une relecture d’un mythe ancien puisse déplacer son sens, rendre une forme d’autonomie à une figure ou même réparer quelque chose dans son récit.
Le mythe et le mystère traversent toute la conversation. Pourquoi certaines histoires survivent-elles pendant des milliers d’années ? À quel moment l’histoire de Narcisse ou de Méduse cesse-t-elle d’appartenir à l’Antiquité pour devenir une histoire qui parle de nous ? Et l’art peut-il encore offrir un espace où le mystère a le droit de rester irrésolu ?
Psyché nous ouvre également les portes de l’univers visuel qui nourrit ses photographies : le symbolisme, les Préraphaélites, l’Art nouveau, la littérature gothique, la peinture, les rêves et la nature. Nous parlons de la manière dont des références historiques peuvent être transformées plutôt que simplement reproduites, de la façon dont les symboles peuvent conserver leur sens sans devenir de simples éléments décoratifs, et des endroits où l’art, la psychologie, le rituel et la croyance commencent à se rejoindre.
Son processus photographique est volontairement lent et extrêmement construit. Recherche, croquis, lieux, vêtements, objets, gestes et lumière participent tous à la création de l’image. Nous nous demandons si la fabrication d’une photographie peut elle-même devenir un rituel — et à quel moment la transformation a réellement lieu.
La conversation se déplace ensuite vers notre présent : le romantisme à l’ère numérique, les réseaux sociaux, l’évolution de notre rapport aux images et l’arrivée de l’intelligence artificielle générative. Son œuvre Narcisse devient le point de départ d’une réflexion sur l’image de soi, le regard des autres et le flux infini de la culture visuelle contemporaine.
Que devient la photographie lorsque les images peuvent être générées presque instantanément et en quantité illimitée ? Une image acquiert-elle davantage de valeur par le temps et le travail qui ont été investis dans sa création ? Sommes-nous devenus meilleurs pour regarder les images — ou au contraire moins attentifs ? Et si une IA pouvait imiter de manière convaincante la surface visuelle du style d’un artiste, qu’est-ce qui manquerait encore ?
Enfin, nous parlons de Opus Nigrum, d’alchimie, de dissolution et de transformation, et nous demandons à Psyché où elle se situe aujourd’hui dans sa pratique artistique, ce qui est en train de changer et ce qui pourrait venir ensuite.
Une conversation sur les images comme seuils, sur le mythe comme langage vivant et sur la possibilité que l’art puisse encore rendre le monde plus étrange, plus profond et plus chargé de sens.
Shownotes:
Website de Psyché:
https://www.psycheophiuchus.com/
Instagram:
https://www.instagram.com/psycheophiuchus/
Books:
Le Bal des douze princesses — conte merveilleux allemand recueilli par les frères Grimm et publié pour la première fois en 1812. Douze princesses usent mystérieusement leurs souliers chaque nuit, jusqu’à ce que soit découvert un monde nocturne secret fait de danse et d’enchantement.
À l’est du soleil, à l’ouest de la lune — conte populaire norvégien recueilli par Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe et publié en 1841. Un récit d’enchantement, de transformation et de quête pour retrouver un être aimé perdu, qui rappelle par certains aspects le mythe de Cupidon et Psyché.